Interview du -

Parlez-nous de votre parcours…

Ma première passion, c’est le tennis dès l’âge de 7 ans. À 14 ans, j’intègre la section « sport études Tennis » au lycée Chateaubriand à Rennes. À l’époque, on avait le même programme que les autres lycéens + le sport, soit des journées de 8 h à 22h toute la semaine.

Un détour par la fac de Sciences éco. à la demande de mes parents pour assurer l’avenir, tout en passant mon brevet d’enseignant de tennis pour devenir professeur puis entraineur au niveau régional.

Puis à 29 ans, une balle de tennis s’offre un de mes yeux. Décollement de la rétine. Le changement de métier est inévitable.
Mes assureurs Mrs Barbier et Destarac décident de m’aider, et me facilitent l’entrée dans une Cie d’assurance, puis deux ans et demi après me proposent d’intégrer leur cabinet pour développer les produits d’épargne individuelle et d’assurance-vie. En 1992, je deviens associé (à parité). 

En 2007, nous sommes rachetés par le premier courtier français Gras Savoye, et je prends la direction générale Grand Ouest. J’y reste jusqu’en 2016, où Gras Savoye est racheté à son tour par le 2ème mondial du secteur. Me retrouver dans un groupe de 40 000 salariés ne me motive pas vraiment. 

Je crée alors avec mes fils « Rouault patrimoine » et je reprends en accord avec le groupe la gestion de patrimoine de la clientèle France de Gras Savoye. Nous pouvons structurer le métier tel que nous le concevons en travaillant en partenariat avec les conseils de nos clients et en anticipant pour eux les évènements de la vie tels que la préparation de la retraite, le risque décès, la transmission du patrimoine. Nous doublons le CA en 6 ans.

Aujourd’hui, dans la satisfaction de travailler en bonne complémentarité avec mes fils, je suis en phase de transmission en m’appuyant sur une équipe de 6 collaborateurs parfaitement formés à notre métier (et pour 5 d’entre eux diplômés).


Dès la période « tennis », vous éprouvez le besoin d’engagements collectifs. Pourquoi ?

Oui, je fus le représentant des professeurs de tennis de Bretagne. Nous n’étions pas si nombreux…
Pourquoi ? Probablement par atavisme familial, l’exemple de ma mère engagée elle aussi.
Parce qu’on est plus efficace en se regroupant.

Par goût personnel du collectif, d’être avec les autres, de créer du lien entre des personnes qui ne se seraient pas rencontrées autrement.
Le collectif me permet également d’exercer mon goût de la pédagogie que j’ai gardé de ma période d’éducateur.

Et puis les engagements se sont enchainés : CJD (Centre des jeunes dirigeants), Présidence locale et régionale, bureau national ; MEDEF au niveau départemental et régional et aujourd’hui la Présidence de la CCI (Chambre de commerce et d’industrie) du Morbihan. Sans oublier les responsabilités au niveau du Pays de Lorient au sein d’Audelor, du réseau des entreprises du pays de Lorient ou de la Base.

 
Qu’est-ce qui est pour vous le fil rouge de ce mandat à la CCI 56 ?

Casser les silos et pour chaque projet chercher et trouver les bons partenaires. 
Pas un projet sans un pool de partenaires pour coconstruire et faire ensemble : ainsi, anticiper ce que les autres acteurs vont penser de notre projet ou comment vont-ils se positionner.

Faire que les personnes se révèlent dans le collectif.
Agir sur toutes les transitions énergétiques, numériques… 

D’une manière plus personnelle, qu’est-ce qui vous motive ?

En complément de ce que j’ai précisé sur ce qui motive mes engagements, j’aime découvrir chaque jour quelque chose de nouveau, apprendre, apprendre, découvrir la richesse des personnalités, des milieux et les facettes du monde. Et puis, j’aime sortir de mon entreprise, rencontrer, partager, rapprocher. C’est aussi ainsi que moi-même, je progresse.

Plus récemment, le fait de trouver une forme d’harmonie dans l’entreprise que j’ai créée et qui me correspond, en famille, avec ma femme et mes trois enfants qui après avoir bourlingué de par le monde sont revenus et y ont trouvé leurs marques ; pour envisager une transmission sereine.

 
Que considérez-vous comme des réussites et quels en ont été pour vous les facteurs ?

D’abord, je fonctionne comme une éponge, je garde en permanence une posture d’apprentissage, je m’imprègne de ce que font les autres. Je prends ce que je ne connais pas encore. 
Ensuite, je crois savoir m’entourer de personnes plus compétentes que moi dans leur domaine. 
Je crois aussi avoir une capacité d’écoute et quelques compétences pédagogiques. Je n’hésite pas à me plonger dans la technique que ce soit dans mon métier, en sport, pour le chant. Cela me parait essentiel pour réussir.

Probablement, une logique entrepreneuriale dans des domaines où ce n’est pas toujours le cas.

Et Fondalor ?

La culture est dans mon ADN. J’ai toujours chanté. Ma marraine était chanteuse lyrique et un ami proche de la famille « peintre de la marine ». Chant, musique et peinture étaient inscrits dans la vie familiale.

J’ai fait partie pendant de nombreuses années d’un groupe de chants à Lorient. C’était une expérience formidable avec des personnes si différentes, de tous les milieux sociaux et unies par le plaisir de chanter, le même trac avant un concert.
Fondalor est donc une initiative qui retient mon intérêt : à titre personnel, au-delà du travail, c’est aussi échanger sur les passions des uns et des autres. Pour le territoire, c’est un projet unique, et ceux qui le portent mettent en avant les artistes et le territoire en priorité dans leur façon d’agir et d’être.